Toujours se fier à son instinct…

Ce n’est pas quelque chose dont j’avais prévu de parler sur mon blog mais une amie qui s’est retrouvée dans le même cas que moi m’a fait changé d’avis.
Je me suis surtout rappelée être perdue, à la recherche d’informations sur internet, mais ne trouvant rien mis à part des documents très médicaux, pas du tout à ma portée.
Alors voici notre expérience…

 

Notre fils est né au début du mois d’avril de cette année.
Même si j’ai souffert d’hypertension à la fin de ma grossesse, l’accouchement (1 jour après la date prévue) s’est passé très bien et assez rapidement.
Cependant, à cause de la fatigue accumulée les jours précédent l’accouchement (l’hypertension rendant mes nuits très compliquées), mon séjour à la maternité a été assez difficile.
Je souhaitais allaiter, j’étais épuisée, bébé était collé à mon sein à longueur de journées et de nuits. Sauf que plus les jours passaient plus ses pleurs ressemblaient à des cris impossible à calmer. J’ai tenté de tirer mon lait (pour stimuler davantage), de donner des compléments à mon bébé mais rien ne le calmait.
J’ai donc choisi de passer aux biberons même si certaines extrémistes pro-allaitement m’ont mis la pression en me disant “il faut être plus courageuse, votre bébé pleura encore souvent, il faudra savoir gérer !”. Mais ce qu’elles n’avaient pas compris c’est, qu’en tant que maman, on veut offrir le meilleur à son bébé. J’étais convaincue que le meilleur était mon lait, mais en apprenant à le connaître, j’ai compris que le meilleur pour lui c’était le lait artificiel. J’étais un peu déçue au départ, j’avais peur de perdre ce lien particulier qui gardait mon bébé dépendant de moi. Mais je me suis vite rendue compte qu’on avait de nouvelles choses à partager.

Au moment de la sortie de la maternité, le pédiatre est passé et il a (vite) osculté notre fils et, comme tout allait (selon lui), il nous a permis de partir.

Même s’il a été calmé sur le moment grâce aux biberons, il a vite recommencé à faire des crises de larmes assez importantes le jour comme la nuit. Mais tout le monde nous rassurait que ce n’était rien, qu’il fallait lui apprendre à être patient, qu’il réclamait “juste” son biberon, et qu’il fallait le laisser pleurer.
Un vendredi, alors que bébé avait 11 jours, mon mari et moi étions exténués et assez inquiets. Voyant le week-end approcher à grand pas, et donc l’absence de médecins durant 2 jours, nous avons téléphoné à notre pédiatre (heureusement ce n’est pas le même que celui de la maternité), pour lui expliquer que notre bébé pleurait énormément et qu’il avait comme de la conjonctivite à cause de ses pleurs. Il a accepté de nous prendre le soir même après ses rendez-vous, faute de créneau libre. Nous avons un petit peu attendu et notre bébé a refait une violente crise de pleurs dans la salle d’attente. Le pédiatre a d’abord pensé, lui aussi, qu’il pleurait à cause de la faim, mais en un simple examen rapide, il s’est vite rendu compte de ce qui clochait : notre bébé avait une belle hernie inguinale qui n’avait pas été décelée à la maternité. Le pédiatre m’a alors montré la zone concernée pour que je constate qu’elle gonflée. Je m’en suis voulue de ne pas l’avoir remarquée… Il m’a ensuite appris comment réduire l’hernie pour calmer la douleur et ça a été instantané !
A chaque crise de pleurs, je devais donc vérifier cette zone et au besoin appuyer dessus. Si je ne parvenais pas à le calmer, la seule recommandation était de partir d’urgence à l’hôpital. Il nous a aussi expliqué que si nous n’avions consulté qu’après le week-end, cela aurait pu être très … très grave !

Nous avons donc passé un des week-ends les plus stressants de notre vie. Nous voulions à tout prix éviter que bébé pleure car les crises de larmes comme les fortes poussées liées à la constipation peuvent faire “ressortir” (je ne sais pas si c’est le terme) une hernie.
Heureusement, si nous arrivions à passer le week-end, nous avions un rendez-vous en urgence avec un chirurgien, LE grand chirurgien viscéral pédiatrique de Nice.
Premier conseil, NE PAS SE FIER AUX RÉSULTATS DE NOS RECHERCHES SUR INTERNET… J’avais trouvé sur des forums que ce chirurgien était le meilleur, mais qu’il était désagréable, peu humain et qu’il ne se préoccupait pas de la souffrance des enfants. J’étais donc en stress complet.
Durant le week-end, j’ai peu dormi et j’ai dû réduire à plusieurs reprises l’hernie de mon fils.

Enfin mardi 15H à notre rendez-vous avec le chirurgien.
J’y découvre un homme d’environ 60 ans, à l’écoute, souriant, rassurant, pédagogue. Il a donc pris le temps de tout nous expliquer. Il nous a dessiné des schémas pour que l’on comprenne bien le souci de notre fils. Il nous a expliqué toute l’opération. Bref, pas du tout l’image de l’homme décrit sur internet.
Par contre, le verdict est assez brutal : il opère notre bébé le lendemain matin et nous fait monter en chambre … TOUT DE SUITE.
Alors là c’est la panique. J’avais prévu qu’il soit opéré rapidement, mais dans les jours suivants, pas comme ça ! Je n’étais pas préparée et je n’avais d’ailleurs rien avec moi. Juste un bibi d’avance dans la poussette et quelques affaires de change.

Heureusement, dans notre “malheur”, nous avons la chance de nous trouver dans un hôpital pédiatrique membre de la Fondation Hôpitaux de France. Oui c’est bien ce à quoi vous pensez : Bernadette Chirac, les pièces jaunes, …
Comme notre bébé est très très jeune (l’équipe m’a avoué qu’ils n’avaient pas eu de si jeune bébé  depuis longtemps, en général les bébés ont au moins 2 mois), on nous réserve une chambre individuelle mère-enfant et on nous octroie les services d’une puéricultrice chargée de nous fournir tout ce dont on a besoin (elle me trouve même un cocoonababy !) et de nous préparer les biberons (elle se charge même de nous trouver la marque de lait que nous donnons), …
Je dois avouer que d’être aussi bien encadrée m’a aidée à beaucoup moins angoisser.
Mon mari nous laisse nous installer et part vite nous chercher quelques affaires. Pendant ce temps, nous rencontrons l’anesthésiste qui nous explique sa partie de l’opération, puis les infirmières s’occupent de réaliser le bilan sanguin de bébé. En me le ramenant, elles m’avouent qu’elles ont eu beaucoup de mal à le piquer (car très petites veines comme sa maman) et je constate que le pauvre chéri a les bras et les jambes recouverts de pansements 🙁

Malgré tout, après le départ définitif de mon mari vers 21h30, j’étais très stressée. Est-ce que j’allais réussir à tout gérer toute seule ? Heureusement, comme souvent, je panique avant, mais prise dans le tourbillon je ne réfléchis plus et je sais ressortir le meilleur de moi-même.

La nuit s’est plutôt bien passée, sa hernie ne l’a pas fait souffrir et toutes les 3h, la puéricultrice venait nous livrer un biberon chaud dans la chambre 🙂
Comme bébé devait être à jeun à partir de 8h, je l’ai réveillé à 7h50 pour vite le nourrir. ET ça, c’était ma grosse angoisse : le faire tenir à jeun, alors que c’est un bébé qui réclame à manger au bout de 2h-2h30 et qui ne sait pas patienter ! Nous n’avions pas d’heure de prévue pour l’opération, il fallait juste attendre. Nous l’avons donc habillé de sa blouse d’opération 10 fois trop grande pour lui (et je n’exagère pas !) et avons attendu.

A 11h, n’ayant toujours pas de nouvelles, une infirmière vient nous apporter 30ml d’eau sucrée et nous rassure qu’elle nous rapportera d’autres biberons comme ça toutes les heures jusqu’à l’opération, pour faire tenir bébé.

Mais, il n’y a pas d’autres biberons d’eau sucrée. A midi, l’infirmier de bloc vient frapper à notre porte, c’est l’heure… Le moment qui allait soulager notre bébé mais que j’avais tant redouté dans les heures précédentes.
Malheureusement, soit mon mari, soit moi, pouvons accompagner notre bébé jusqu’à la porte du bloc, pas les deux ! 🙁 Mon mari me laisse y aller, mais je sais à quel point c’est dur pour lui.
Je suis donc l’infirmier avec bébé que je serre très fort dans mes bras avec sa petite couverture bleue, seul élément accepté. Nous prenons l’ascenseur réservé au personnel et arrivons dans le sas des entrées pour le bloc. Au bout de quelques secondes, une infirmière arrive et me demande de lui confier mon bébé, je ne peux pas aller plus loin. Après un gros bisou, et le coeur lourd, je lui donne mon bébé mais celui-ci doit avoir compris ce qu’il se passe et s’agrippe à moi de toutes ses forces (il a 16 jours !). L’infirmière s’éloigne avec lui et la porte automatique se referme.
L’infirmier me raccompagne. Je ne dis rien, je me retiens. Je me dépêche de retourner à la chambre comme en apnée. A peine la porte refermée et mon mari retrouvé, j’éclate en sanglots.
Mon fils n’a pas de maladie mortelle, mais laisser son bébé, son tout petit bébé se faire opérer … c’est un déchirement. Et on pense aux éventuels risques, on ne pense qu’à ça. Car les heures passent et nous n’avons pas de nouvelles.
Une des blouses roses, ces bénévoles adorables qui proposent des activités aux enfants malades, vient frapper à la porte de la chambre et me propose des magazines pour patienter et vient échanger quelques mots avec moi.
A 16h, nous avons ENFIN des nouvelles. Le chirurgien vient lui-même dans notre chambre pour nous expliquer que tout va bien et que tout s’est bien passé. Il a même profité de l’opération pour vérifier que bébé n’ait pas une autre hernie de l’autre côté !
A 17h, une infirmière vient nous chercher (tous les 2 cette fois), pour aller retrouver notre bébé en réanimation néonat (car les bébés de moins de 6 mois et opérés doivent forcément passer par la case néonatalogie).
On nous apprend les règles de la néonat : sonner à l’interphone et nous présenter comme le Papa ou la Maman de Gabriel (car seuls les parents peuvent visiter les enfants), déposer nos affaires dans le casier déja décoré au prénom de notre bébé (et avec des images de Winnie l’Ourson !), enfiler des blouses à usage unique, se laver les mains et se les désinfecter et ENFIN retrouver notre bébé.
Oh quel moment de joie !

L’infirmière et la puéricultrice chargées de s’occuper de lui viennent nous rassurer et nous aider à le prendre dans nos bras malgré tous les fils et éléctrodes sur son petit corps. Il est relié à tant de machines qui bipent sans cesse. On se dirait dans un épisode d’urgence et c’est très stressant. Des alarmes sonnent dès la moindre petite anomalie (qui n’en est en fait pas une), c’est à dire toutes les 2 ou 3 minutes.
Mon mari n’est pas à l’aise dans ce milieu hyper médicalisé, il préfère donc sortir de la réa plutôt que de transmettre son stress à notre fils. J’en profite pour passer des coups de fil pour rassurer nos proches. Puis je retourne auprès de mon bébé. Il m’a trop manqué. Et ça, c’est une réelle chance que j’ai eue dans cet hôpital. Je pouvais venir voir mon fils, le serrer, le nourrir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Je suis donc venue lui donner son 1er biberon post-opératoire vers 21h, puis je suis revenue après m’être changée et douchée pour lui donner le biberon suivant à minuit. Et à chaque fois que je revenais, il n’était jamais seul. C’est d’ailleurs l’infirmière de nuit qui le câlinait lors de mon dernier passage de la nuit, qui m’a conseillé de me reposer et les laisser le gérer le reste de la nuit car j’avais besoin de reprendre des forces pour notre retour à la maison. J’ai été raisonnable et je les ai écouté, mais à 6h30 j’étais déjà levée et je me préparais pour aller le retrouver pour son biberon du matin 🙂 Je suis restée avec lui un bon moment de la journée, puis comme il mangeait bien et se remettait bien, il a pu quitter la réa néonat et finalement nous sommes rentrés chez nous avec un bébé en pleine santé.

Aujourd’hui, Gabriel n’a plus aucun souci de ce côté-là. On ne voit même plus sa cicatrice ! Le chirurgien nous a rassuré qu’il n’aurait aucun problème de stérilité (ce qui peut être le cas avec des hernies inguinales non ou mal-soignées) et nous a souhaité de ne plus jamais le revoir 🙂

de retour à la maison, ma convalescence sur Maman 🙂

Cette expérience m’a permis de dire au revoir à mon baby blues (c’est au moins un point positif de cette histoire) et m’a motivé à donner plus aux Pièces Jaunes, car je remercie vraiment la Fondation des Hôpitaux de France (ainsi que la Fondation Lenval) pour l’aide et le soutien qu’elle nous a apporté durant ces moments difficiles.

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